mardi 17 mars 2015

Izu trail journey 2015


Premier trail de l'année, et pas des moindres, puisque affichant 72.5km au compteur avec 4400m de dénivelé positive. Il se déroulait dans la préfecture de Shizuoka, péninsule d'Izu, au Sud-Est de Tokyo. Tout s'est bien passé puisque j'ai pu le terminer en bonne forme, dans le temps de 9:08:58, ce qui m'a permis de me placer en 65ème position parmi 1486 partants.

Pourtant ça n'était pas gagné d'avance, l'inquiétude principale venant du fait que je participais au marathon de Tokyo 3 semaines plus tôt et qu'à ce moment là, je n'affichais au compteur des 5 derniers mois qu'une seule sortie en montagne, sous la forme d'une course, en Décembre, le trail de Nokogiriyama. Il fallait donc d'une part récupérer et d'autre part faire un peu de spécifique, car j'ai compris maintenant que si l'on ne mimique pas un minimum les conditions de la course à l'entraînement, on s'expose au pire. Le programme de ces trois semaines était donc simple, repos la semaine et longue sortie en montagne le weekend.

Le premier weekend, ce fut 33km et 2450m de dénivellé autour de Takao avec Yuki et Chih, tout deux aussi en manque d'entraînement trailistiques. Chih participait également à l'Izu Trail donc il était temps pour lui de s'y remettre. Yuki n'a fait, comme prévu, que la moitié, ce qui fut suffisant pour vérifier que ses chevilles n'étaient pas prêtent à retrouver les sentiers. L'entraînement s'est bien passé, mais comme on pouvait s'y attendre, les jours suivant ont étés rudes pour les cuisses. En effet, les courses sur route me font mal aux mollets et les courses en montagnes au cuisses, d'où la nécessité d'entraînement spécifique.

Le deuxième weekend, suite à une semaine de repos, j'étais près, et enthousiaste, contrairement à la semaine précédente, pour retrouver la montagne, cette fois du côté du massif de Tanzawa. Comme Chih avait attrapé une mauvaise grippe, c'est tout seul que j'ai apprécié les très techniques 44km et 3400m de dénivelé positive. Pareil, l'entraînement s'est bien passé, et les cuisses ont couiné quelques jours. Mais le weekend de la course approchant, et les douleurs disparaissant, je me sentais bien, je sentais que j'avais fait ce qu'il fallait, j'avais envie de courir, bref tous les compteurs étaient au vert.

Venons en à la course, à commencer par le parcours.



Quand j'entrais les données de distance et de dénivelé dans ma formule magique sur mon tableur, il en sortait un temps estimé de 11h31, ce qui ne cadrait pas du tout avec l'estimation donnée par les organisateurs qui donnait un temps de 9h12 pour la 100 place dont je pensais pouvoir me rapprocher voir dépasser si affinité. Pourtant, cette formule magique est assez précise en général, avec une erreur maximum de + ou - 10%, alors que cette fois, la différence est de 20%. Mais on m'avait prévenu que ce trail était très roulant et c'était également visible au vu des résultats de l'année précédent. D'ailleurs si je sortais du chapeau ma deuxième formule magique, qui est que mon temps est en général près de 1.4 fois le temps du vainqueur, ça collait pas mal avec les estimations de l'organisation.

Je suis donc parti sur des bases de 9h12 pour estimer mes temps de passages aux ravitaillement et la quantité de nourriture et eau à emporter. Au final, avec 9:08:58, je suis tombé pas loin. Mais j'ai visé un peu juste au niveau nourriture, parce que je pensais finir avec un peu de rab, mais sur 6 gels, 2 snickers, une barre au citron, et deux barres de céréales, il ne me restait plus à l'arrivée qu'une demie barre de céréale ! J'étais parti sur environ 180kCal par heure plus les 3 ravitaillements de l'organisation, ce qui me laissait 2 barres en plus au cas où. J'ai compris que quand il ne fait pas trop chaud, c'est plutôt 180kCal toutes les 45 min dont j'ai besoin. C'est noté pour les fois suivantes. J'ai aussi finalement compris que ce qui marche le mieux c'est quand même les gels, y a pas à tortiller. Ils s'assimilent vite, il n'y a pas de contrecoup. J'essayais d'éviter parce que je suis radin (les gels, ça coûte cher), et que j'étais un peu sceptique sur du long, mais cette fois c'est bon, c'est rentré. Sur une course de 10h, uniquement des gels, plus les ravitaillements de l'organisation (vive les soupes!) c'est probablement ce qu'il y a de mieux. Après pour 20 ou 30h, je ne sais pas, il finit peut être par y avoir un rejet et il est plus prudent de varier? Le problème c'est que je ne peux pas faire 36 courses de 20 ou 30h pour tester. Donc pour l'UTMF, je jouerai probablement la prudence, en emmenant quelque chose comme 70% de gels et 30% d'autre chose.

Mais l'UTMF est encore loin. Revenons à l'Izu Trail! Ce trail est organisé par un fameux trailer japonais, Kaburaki Tsuyaki, justement l'organisateur de l'UTMF (on n'en sort pas!). Yuki et moi devions y participer l'année dernière, mais il a été annulé pour cause de neige trop abondante. Nous avions priorité pour les inscriptions de cette année, ce dont j'ai profité, mais pas Yuki, faute de chevilles en parfait état de marche.

Cette fois je me suis donc rendu seul sur cette course. La veille de la course, il est nécessaire de rester à l’hôtel près du lieu de départ, car le coup d'envois est à 6h, donc aucune chance de venir en transport en commun depuis Tokyo le jour même. Comme j'y allais seul, j'ai préféré prendre mon temps et ne pas partir trop tôt, parce que faire du tourisme tout seul, c'est moyen. D'autre part, cela me permettait de faire une dernière petite sortie tranquille de 6km dans le parc de Ueno le samedi matin. Il semble qu'il soit bénéfique de faire un petit footing la veille d'une course. En tout cas, ça a bien marché pour le marathon de Tokyo. Par contre, j'ai la sensation que faire du tourisme, c'est a dire marcher ou rester debout pendant des heures, n'est pas très favorable.

J'ai quand même regretté un peu, parce que les environs de mon hôtel étaient magnifique, et je n'ai pas eu le temps de me promener avant que la nuit tombe. Yuki et moi avons pris notre repas de midi au restaurant Saizerya, une chaîne assez prisée des étrangers car bon marché avec des choses qui ressemblent à la cuisine occidentale. C'est pour ça que j'ai voulu y aller, pour me faire plaisir avant la course, avec une petite pizza, un gratin d'épinards à la crème et des petits poids avec un œuf poché :) Miam. En passant, nous avons pu voir une petite foule sur le pond enjambant les voix ferrées, probablement des férus de trains attendant le passage du tout nouveau modèle de train à grande vitesse, le Hokuriku Shinkansen. Nous avons ensuite acheté les tickets de Shinkansen dans une échoppe où on peut les trouver à tarifs réduit puis nous nous somme séparé pour deux jour, une éternité ! ;) Le voyage en Shinkansen était très agréable, comme toujours, presque trop court (40min). Il fallait ensuite prendre un train plus classique pour rejoindre le lieu d'arrivée de la course, Shuzenji, et enfin prendre le bus pour rejoindre le lieu de départ. Aux toilettes de la station de Shuzenji, j'ai reconnu Ruy Ueda, un jeune coureur faisant figure de favoris car il a gagné une course réputée en octobre dernier, la Hasetsune cup, en portant le record de la course à 7h01. J'ai pu le reconnaître car dans la semaine j'avais commencé à étudier un peu qui sont les bons coureurs de trail au Japon, pour voir à quoi ressemblent mes concurrents. Non je rigole, on ne joue pas dans la même cour. C'était juste par curiosité. En tout cas, il n'a pas fini la course parce que je l'ai vu repartir en sens inverse en marchant, peut être entre le 10 et 20ème km.

Le bus était la partie la plus désagréable: 90min à l'étroit dans un petit bus surchauffé. Les japonais sont vraiment très résistants à la chaleur. J'avais encore chaud en T-shirt, quand beaucoup d'entre eux ont gardé leurs pulls et doudounes jusqu'au bout.

Une fois arrivé, il fallait passer à la vérification du matériel obligatoire, avec un peu d'attente, mais rien de bien méchant. Là aussi, dans la file d'attente, j'étais encadré de têtes connues du trail. D'ailleurs je me sentais un peu l'intrus là au milieu, parce qu'ils se connaissaient tous. Il y avait notamment Kazufumi Ose, un autre favori qui abandonnera au km 44, et que je retrouverai par deux fois sur la fin du parcours à nous encourager, et Masatoshi Obara, le futur vainqueur en 6h38.

Nous nous voyons offrir deux coupons d'échange contre des spécialités culinaires locales pour nous inciter à assister au briefing dans une salle trop petite. Je suis resté près de la porte pendant 10 min à attendre le début du briefing suivant, mais c'était interminable et ils parlaient de choses sans rapport avec la course elle-même, donc j'ai abandonné et je m’apprêtais à aller prendre la navette pour rejoindre mon hôtel quand je suis tombé sur Chih, mon ami de Namban Rengo. Il était pressé car il ne disposait que 10 min avant le départ de son bus pour acheter des chaussettes, ayant oublié les siennes.

Je n'avais pas prévu de faire aussi long, je me laisse entraîner. Désolé. Je sens que je vais perdre pas mal de lecteurs, mais je vais garder les plus fidèles ;) Papa, maman, courage, c'est loin d'être fini! Allez, poursuivons.

J'arrive donc près de l'hôtel, d'où je prend les photos suivantes. C'est un endroit touristique, si je reviens l'année prochaine, je tâcherai de venir plus tôt pour visiter, tant pis pour le dernier footing de la veille. 

Le couché de soleil, pris à 200 m de mon hôtel:

Depuis la fenêtre de ma chambre:

J'étais dans une chambre de quatre personnes avec deux lits et deux futons. Je suis arrivé deuxième, mais la personne arrivée avant moi, qui n'était pas là quand je me suis installé, avait laissé son sac sur le sol. Comme les japonais en général sont champions pour réserver leur place en laissant un mouchoir, un vêtement, un sac, voir même un portefeuille (bon, là j'exagère peut être un peu...quoi que), je me suis dis qu'il préférait les futons (qui n'étaient pas encore installés), et je me suis empressé de réserver le lit du fond, près de la table et de la fenêtre, en y posant mon sac. La meilleure place quoi... Quand il est arrivé, il a finalement pris le second lit. J'étais un peu gêné, mais bon, sans plus. Ça ne m'a pas empêché de dormir. Non, ce qui m'a empêché de dormir, ce sont plutôt ses ronflements. Difficile d'y couper quand on partage une chambre à plusieurs. Il y en a toujours un ou deux qui aiment mettre de l'ambiance nasale.

La chambre:

Le repas de l’hôtel était typiquement japonais, avec beaucoup de choses, que j'apprécie plus ou moins, mais de plus en plus plutôt plus que moins (il faut suivre là). Traduction: je m'habitue un peu aux repas typiques des ryokans. Je me surprend presque à aimer le poisson cru maintenant. Pour le natto (graines de soja fermentées), il faudra repasser. Cette semaine à la cantine, j'ai choisi un menu sans trop regarder ce qu'il y avait dedans parce que j'étais un peu pressé et que ça avait l'air bon. Quand je me suis assis à une table, j'ai senti un relent de natto. J'ai regardé autour de moi. Qui osait manger une telle chose? Il m'est déjà arrivé de changer de place pour ne pas avoir à supporter cette odeur. Puis quand j'ai goutté mon plat, j'ai compris que ça venait de là. Enfer et damnation. Dés la première bouchée, le mal est fait. L'intérieur de la bouche gluant, le goût, pas au mien. Je me dis, que diable, un peu de courage ! Il y avait aussi quelques légumes verts et un œuf à moitié cuit dans ce bol de riz. C'est dommage de gâcher ça. J'ai encore tenté quelque bouchées. Mais non, désolé, pour moi, c'est plus dur de manger du natto que de courir 10h d'affilé. Bon, là aussi j'exagère peut être un peu, mais le natto, si je ne suis pas "finisher", c'est moins gênant que sur une course, alors j'ai abandonné et je me suis payé une boule de riz et une brioche au fromage au combi du coin. Voilà pour la petite anecdote. Revenons à nos sashimis. Voici une photo d'une partie du repas.


Bon allez, après je suis sorti pour voir si je pouvais visiter un peu, mais c'était vraiment tout noir, donc je suis passé au combi d'en face et j'ai acheté des chocolats aux cacahuètes pour me faire plaisir encore, avec l'excuse que les calories pourront toujours servir le lendemain. Puis j'ai pris un bain dans le onsen de l'hôtel, puis dodo à 8h du soir, réveil à 3h du matin, café et brioche au combi, riz fourni par l'organisation, préparation de l'équipement, bus vers le départ, sur le port, et là, 1h d'attente. Heureusement, il faisait raisonnablement froid et pas de vent.

Je m'installe à l'avant du peloton, avec Chih. On n'est pas en première ligne quand même, on n'a pas osé. Et puis on est plus au chaud au milieu de la foule, même si elle n'est pas très dense. Là aussi je retrouve des têtes étudiées plus tôt dans la semaine, notamment une fille que je doublerais avant le premier ravitaillement, qui me redoublera ensuite, puis abandonnera elle aussi après une quinzaine de km. Décidément, c'est un peu l'hécatombe chez les favoris !

Merci Chih pour la photo !

Le départ est rapide, je dis à Chih "on dirait qu'on part pour un marathon". Je tâche de partir suffisamment vite pour ne pas perdre trop de places, sans me mettre dans le rouge, ni même dans l'orange. L'organisateur venait de dire qu'il y avait 4 km de route avant de commencer la montagne, alors j'ai pris mon temps pendant un ou deux km, parce que je pense que les premières minutes sont importantes pour la suite. Si on est déjà essoufflé là, c'est pas bon signe. Puis j'ai commencé à accélérer un peu pour doubler et éviter les éventuels bouchons au début du sentier. Arrivé sur le sentier, j'ai pu aller à mon rythme car il n'y avait pas trop de monde et il était possible de doubler ou de se faire doubler. Mais j'ai vu une vidéo où il y avait des bouchons, ce qui parait inévitable avec un peloton de 1500 coureurs.

La première partie du parcours était très quelconque avec une alternance entre sentiers, chemin blancs et un peu d'asphalte, le tout avec des pentes suffisamment faibles pour pouvoir courir. On aurait pu être n'importe où au Japon, c'était pareil, puisqu'on ne voyait pas le paysage, d'autant plus que le temps était nuageux. Ça n'était pas désagréable surtout que la forme était au rendez-vous, c'est juste que je m'attendais à mieux après ce qu'on m'en avait dit. C'était dans ce genre (merci Alain pour les photos! ):



En tout cas ça a permis de faire monter la moyenne, et je suis passé dans les temps aux deux premiers ravitaillements, le premier en eau seulement, au 9ème km, et le deuxième au 26ème km.

Heureusement, à la mi-course, le soleil est apparu et dans le même temps, le paysage est devenu magnifique, avec d'abord des petits arbres tortueux puis ensuite des grands champs de sasa, un type de petits bambous, le sentier serpentant au milieu de tout ça. Encore des photos d'Alain:




Et en prime, une magnifique vue sur le mont Fuji, que je n'ai pas pris le temps d'immortaliser, mais voici une photo prise sur le site de la course pour donner une idée, sachant qu'on voyait mieux le mont Fuji et qu'il était enneigé :


Ce changement de paysage s'est accompagné d'un changement de terrain. Le sentier est devenu très boueux et très glissant, beaucoup moins roulant. Et les beaux petits arbres tortueux que j'ai cité plus tôt étaient aussi un peu vicieux avec leurs branches basses qui se succédaient, et si j'ai pu éviter la chute dû à la boue, je n'ai pas réussi à éviter une rencontre branche - sommet du crâne dont personne n'est sorti vainqueur et qui m'aurait joliment réveillée pour peu que je me fût assoupi. Mais assoupi, je ne l'étais point. Tout se passait merveilleusement bien, sans grosse fatigue, sans grosse douleurs aux jambes, tranquillou, un plaisir :)


Il y a juste eu un moment d'inquiétude, quand je me suis demandé si je n'allais pas être à cours de carburants. Il me restait deux rations accessibles, et je pensais avoir encore une barre de céréale dans le sac, mais je n'en étais plus certain, et je ne voulais pas m'arrêter pour vérifier. Avec 3 portions, il n'y avait pas de soucis pour les deux dernière heures et quelque minutes, mais avec seulement deux, il y avait un doute. C'est là qu'on voit l'influence du mental. Avec le doute en moi, j'ai commencé à avoir faim seulement 10 min après avoir pris un gel! Mais je me doutais que c'étais psychologique. Alors j'ai attendu. Quand j'ai finalement posé mon sac pour échanger une bouteille et que j'ai pu vérifier la présence de la barre de la céréale, c'est allé beaucoup mieux :)

Des beaux paysages, donc, mais une quantité phénoménal de marches faites de poutres de bois, des hautes, des basses, des courtes, des longues, à n'en plus finir. Heureusement que j'ai fait ces deux longues sorties avant, sinon les jambes auraient vraiment hurlé. Mais là, c'est bien passé.

Il y a eu un passage avant la longue descente finale vraiment magnifique avec une sorte de sentier très large avec une pelouse sur laquelle on aurait voulu s'allonger, et des gros rochers posés ça et là. J'espère trouver une photo dans les jours qui viennent.

A la fin de la longue descente, j'ai doublé un coureur que je n'avais pas revu depuis le ravitaillement des 55km. Il restait 3km de route que j'ai parcourus à un bon rythme pour ne pas me faire redoubler et aussi pour finir sous les 9h12...un objectif bien arbitraire, mais pourquoi pas. En tout cas c'était plaisant de pouvoir courir ainsi après 9h de course.



A l'arrivée, Kaburaki m'a serré la main et m'a demandé comment ça c'était passé. Pas très diplomate, j'ai commence par lui dire que j'avais eu ma dose de marche pour un an, puis me rendant compte que c'était mieux de dire quelque chose de positif, j'ai parlé du paysage magnifique. Désolé. Mais les français sont râleurs, on le sait bien, il ne faut pas faillir à notre réputation ;)



Je pourrais faire encore quelques paragraphes, sur le onsen, l'hôtel, etc, mais je vais en rester là (j'entend le ouf de soulagement). Juste une photo du podium pour finir. Le premier (en rouge au milieu), met 6h38.


En conclusion, une belle course, où il faut savoir courir (de l'utilité de la préparation marathon) et grimper (ne pas oublier quelques bonnes sorties en montagne), avec une deuxième partie qui vaut le détour au niveau paysage. Personnellement, l'une de mes plus abouties. L'année commence très bien, j'espère que ça va continuer comme ça !

Inscrits 1752
Partants 1486
Arrivants 1153 (77.7%)
Premier homme: 小原将寿 (Masatoshi OBARA) (inov-8)6:38:35
Première femme: 福田由香理 (Yukari FUKUDA)(RunField)8:34:59
Eric: 65ème 9:08:58
Chih: 291ème 11:00:08

dimanche 1 mars 2015

Marathon de Tokyo 2015

Temps net: 2:59:14

Premier semi: 1:29:55
Second semi: 1:29:19
Temps brut: 3:00:35
Classement: 1119 / 34063

Record battu de 15min et barrière des 3h franchie, c'était au delà de mes espérances.

Il m'est déjà arrivé de m'aligner sur la ligne de départ d'un marathon avec l'espoir d'effacer cette marque des 3 h, mais en ce temps là, je ne savais pas encore combien c'était difficile.

Cette fois je suis parti avec l'objectif de terminer en 3h06 et finalement j'ai fait moins de 3h.
C'était mon neuvième marathon. Il semble que je n'ai pas encore assez d'expérience pour estimer correctement mon temps de course.

Bon, je dois avouer que j'avais l'infime espoir qu'avec le repos précédent la course, et la perte de poids (il m'a fallu un mois pour perdre 2kg), je pourrais faire un peu mieux.

Voir même un "sub 3" si c'était le jour parfait...non, pas possible.

C'était le jour parfait.

Je n'ai eu aucun soucis particulier pendant ma période d'entraînement si ce n'est un léger rhume.
J'avais des amis dans le bloc de départ pour papoter un peu et faire baisser la pression pendant la longue attente, Michaël et Thomas.
La météo était parfaite, pas trop froid (contrairement aux deux autres marathon de Tokyo auxquels j'ai participé), pas trop chaud (comme le lendemain du marathon où il a fait jusqu'à 22 degrés!), presque pas de vent (contrairement à ce qui était annoncé).
Le support du public était chaleureux, en particulier les encouragements de Yuki (3 fois), des nambanners, et d'autres amis, tout le long du parcours. Et il me semble qu'en portant le T-shirt du club, nous recevons également pas mal d'encouragements des non membres, peut-être parce que nous sommes un peu connu dans les milieu des coureurs, ou bien parce que le nom du club (les barbares du sud) plait au public.

Je pense que j'avais vraiment besoin de tous ces paramètres pour réaliser ce sub 3, parce que je n'avais vraiment pas de marge. Pour être exact, je n'avais que 45s de marge.

Je fais principalement des courses de trail, et quand je participe à une course sur route, c'est généralement sans entraînement spécifique. Bon, parfois un peu spécifique, comme faire des longues distances (trop lentes) sur la route et de la vitesse sur la piste, mais rien d'étudié, planifié. Cette fois j'ai décidé de suivre un plan. Mais il y en a tellement, qui souvent se copient les uns sur les autres et dont les bases sont obscures. Lequel choisir ?
La réponse est venu de Padraig, un ami nambanner, lui aussi à la quête du Graal du coureur amateur, le sub 3. Sur son image de profil, dans le forum du club, il arbore fièrement un livre dont le titre apparaît clairement en grosses lettres: "Advance Marathoning". Ça m'intriguait depuis quelques temps déjà, et j'ai décidé d'y jeter un œil. Ce livre synthétise assez bien tout ce qu'on peut lire ça et là sur internet, dans les magasines, sur les principes de bases de la course à pied, et explique clairement les fondements des plans d'entraînements. Alors j'ai décidé de suivre l'un de ces plans, que j'espérais relativement standard. J'ai choisi celui avec le moins de kilométrage (jusqu'à 88km par semaine), parce que ça correspond aux distances que je cours habituellement, et parce que je n'avais pas encore récupéré complètement de mes courses précédentes. C'était un plan sur 18 semaines, assez long, mais cette fois, j'étais décidé à faire les choses bien.

Comme je le disais, l'entraînement s'est bien passé, et la phase d'affûtage aussi (phase qui consiste à réduire progressivement le volume d'entraînement pour arriver dans les conditions idéales: reposé mais sans avoir perdu les bénéfices de l'entraînement).
J'ai battu mon record du semi-marathon à Toda (1:25:42), sans atteindre le temps qui correspondrait à un marathon en moins de 3h (1:24:51). J'ai estimé celui-ci à partir du site internet suivant:
http://www.runningfreeonline.com/Tools/Running_Race_Calculator
Je sais que c'est loin d'être une science exacte, mais c'est une moyenne sur 5 systèmes d'estimation différents, alors j'espère que ce n'est pas trop loin de la réalité. De toute façon, je l'ai pris pour ce que c'était: une estimation.
Comme je ne m'étais pas bien reposé avant ce semi-marathon, j'ai pensé que mon temps pouvait être équivalent à 1:24:51 si je m'étais bien reposé. En bref, je croyais toujours le sub 3 possible.

Mais durant les quelques entraînements à vitesse marathon, j'avais vraiment du mal à garder la fameuse allure de 4min15s par km. J'essayais toujours de trouver une excuse, comme celle d'être fatigué par les entraînements précédents (ce qui est ridicule, puisque le plan est conçu en sorte que je puisse le faire), ou bien parce qu'il y avait trop de vent. Mais finalement, j'ai du admettre que la cible était trop élevée pour moi et j'ai réduit mes objectifs. J'ai déjà eu des mauvaises expériences en partant à un rythme que je savais ne pas pouvoir tenir pendant 42km à moins d'un miracle. J'ai décidé que mon allure au marathon serait celle de mon dernier entraînement à allure marathon, à savoir 4min24s par km, soit 3h06min au marathon.

Bien, je suis trop long. Passons à la course elle même.

Je démarrais dans le bloc B, donc pas très loin de l'arche de départ qui marque le début des 42.195km et le départ du chrono pour le temps net. Par conséquent, je n'ai perdu qu'une cinquantaine de secondes dans le premier km, du fait des ralentissements au départ. Mais grâce à un parcours en légère pente descente dans les premiers km, j'ai pu rattraper ce retard assez vite et passer les 5km en accord avec le plan (21:51 au lieu de 21:55). Malheureusement mon GPS (Suunto Ambit 2 pour le citer) était bien moins précis que je ne m'y attendais. Il mesurait 1km alors que je n'avais fait que 970m environ. Je ne pouvais donc l'utiliser pour connaître le temps cumulé exact, mais il m'a servi tout de même à vérifier tous les km que mon allure restait à peu près constante. Pour ce qui est du temps exact, je le vérifiais tout les 5km. J'avais noté les temps de passage sur mon poignet, mais un peu dans le désordre, mal écrit, à moitié effacé. Et avec un cerveau pas à 100% puisque les jambes avaient plus besoin de mes réserves limitées de sucre que lui, j'avais parfois du mal à savoir où j'en étais exactement.
Au 10ème km, j'étais 46s plus rapide que prévu. Il m'a semblé que ça restait proche du plan.
Mais au 15ème km, j'avais 1min38s d'avance. Toujours incapable de calculer précisément, à ce moment là je pensais que j'avais 2min d'avances (pas très loin du compte cela dit, si on arrondi). J'étais très surpris. 2min au tier de la course, ça fait 6min à la fin, ça fait moins de 3h...Ne nous emballons pas, on va essayer de continuer à ce rythme, et on verra ce qui se passe. Jusqu'à maintenant, j'ai toujours ralenti à la fin des marathons.
Je passe le semi en 1h30 environ. C'est confirmé, c'est bien le rythme pour 3h.
Vers le km 27, mon allure commençait à se réduire. Je ne vais pas dire imperceptiblement, parce que je l'ai perçu, entre autre grâce au fait que quelques coureurs ont commencé à me doubler alors que jusque là c'était plutôt le contraire, mais très légèrement.

Il était temps de faire un choix. Continuer ainsi et atteindre mon objectif initial des 3h06 relativement facilement, ou bien pousser plus fort et tenter le sub 3, avec le risque de souffrir pas mal, et éventuellement d'exploser en route.

J'ai décidé de pousser plus fort parce que, on ne sait jamais, je n'aurais peut être pas une autre chance comme celle-ci.

J'ai changé mon rythme de respiration, passant de une inspiration pour deux pas et une expiration pour 3 pas (rythme 2 / 3), à un rythme de 2 / 2. Ça a bien marché. Bien sur, c'était dur et mes jambes me donnaient quelques alertes parfois. A un moment, j'ai eu cette sensation étrange, comme si je n'allais bientôt plus pouvoir commander à mes jambes d'avancer. Mais j'avais déjà eu cette sensation à l'entraînement, et si je ralentissais, au bout de quelques minutes, ça passait. Cette fois je n'ai pas ralenti, mais le résultat fût le même: c'est passé.

Dans les 5 derniers km - la partie la plus dure du marathon de Tokyo, parce que c'est la fin bien sur, mais aussi parce que c'est près de la mer, dégagé, qu'il y a souvent du vent, et qu'il y a quelques petites montées - c'était pas facile, mais j'étais heureux d'être capable de maintenir ma vitesse alors que j'avais du marcher dans mes deux précédentes tentatives.

2km avant la fin, il me restait 9min pour finir sous les 3h, donc si je n'avais pas de crampes, ça devait aller. Je pouvais même me permettre de ralentir légèrement. Mais je n'étais pas trop confiant sur mes capacités de calcul mental à ce stade de la course, alors j'ai plutôt essayé d’accélérer.

200m avant la ligne, il n'y avait plus personne dans les quelques tribunes sur le bord de la route (forcément, les premiers étaient arrivé 54min plus tôt, les bougres). Mais j'ai entendu de fervents encouragements, alors j'ai tourné la tête, et j'ai reconnu Yuko Arimori, médaille d'argent aux JO de Barcelone et de bronze aux JO d'Atlanta. J'ai trouvé vraiment sympa de sa part d'être resté jusque là et d'être si enthousiaste.

Et finalement, j'ai passé la ligne en 2:59:14. Quelle satisfaction :)

Maintenant, je peux oublier la route pour un moment, et démarrer l'esprit léger la saison de trail.

Annexes:
Temps intermédiaires:
5km 00:23:12 (0:21:51) 0:21:51 09:33:13
10km 00:44:25 (0:43:04) 0:21:13 09:54:26
15km 01:05:28 (1:04:07) 0:21:03 10:15:29
20km 01:26:36 (1:25:15) 0:21:08 10:36:37
25km 01:47:46 (1:46:25) 0:21:10 10:57:47
30km 02:09:05 (2:07:44) 0:21:19 11:19:06
35km 02:30:08 (2:28:47) 0:21:03 11:40:09
40km 02:51:31 (2:50:10) 0:21:23 12:01:32
Finish 03:00:35 (2:59:14) 0:09:04 12:10:36

Mon historique sur marathon:
1994 start running
1. 1996/10/13 Marathon de Lyon 3:55:02 (rencontré le mur au km 28, beaucoup marché)
J'ai beaucoup pris de poids, jusqu'à 89kg, puis me suis mis à m'entraîner à nouveau. J'étais à 84kg pour le marathon suivant.
2. 2004/03/21 7th Tokyo Arakawa Shimin Marathon 4:09:34 (j'ai essayé d’accélérer dans les derniers km pour faire moins de 4h et j'ai explosé, j'ai du marcher)
3. 2007/10/14 Brussels Marathon 3:31:22 (bon départ, mauvais milieu, bon finish)
33 courses, principalement des trails avant de finalement courir à nouveau un marathon.
4. 2010/02/28 Tokyo Marathon 3:39:21 (première fois que je visais les moins de 3h. J'étais très naïf!)
36 courses, principalement des trails, avant de revenir au Japon et d'essayer encore le marathon.
5. 2013/01/20 51th Tokyo Kita Marathon 3:25:46 (satisfait parce que record)
6. 2013/02/24 7th Tokyo Marathon 3:35:09 (encore un échec au marathon de Tokyo)
7. 2013/11/24 2d Fuji San Marathon 3:17:31 (satisfait parce que record, mais avec le sentiment que je pourrais mieux faire sur un parcours plus plat)
8. 2014/01/26 62th Katsuta Marathon 3:14:03 (pareil que précédemment. Je ne peux toujours pas tenir mon rythme jusqu'au bout)
9. 2015/02/22 Tokyo Marathon 2:59:14 (OK, je peux arrêter les marathons...jusqu'au suivant)

A quelques kilomètres de l'arrivée:


Tokyo big site, le lieu d'arrivé de la course, le soir où je suis allé cherché mon dossard. Il y avait une projection sur le bâtiment.


dimanche 22 février 2015

Le marathon, c'est fini !

C'est bon, j'ai fait moins de 3 heures, j'arrête !

Jusqu'au prochain ;)



Après les Adidas oranges, les Nike rose. J'ai pas le choix, il n'y a avait pas d'autres couleurs !

Un rapport plus complet un de ces jours.

samedi 21 février 2015

Bilan 2014

Et si je faisais un petit bilan de l'année 2014. Bilan de course à pied bien sur. Le reste est top secret...ou pas. Maaa, je ne peux pas tout rattraper d'un coup, alors on va se contenter de la course à pied.

Et je vais en profiter pour parler des courses dont je n'ai pas parlées dans mes précédents articles.

Tout d'abord, les tableaux récapitulatifs.

Tableau 1: Bilan général

Tableau 2: Bilan 2014

Bon, on ne va pas y passer des heures. 2104 était plutôt une bonne année. J'ai fait un peu moins de courses, mais plus d'entraînements et mes résultats s'en sont ressentis. Je devais faire l'Izu Trail Journey (72km), en Mars, mais il a été annulé à cause de la neige, qui a été abondante cet hivers là.

J'ai battu mon record du marathon au Katsuta Marathon, en 3:14:03. J'ai pris un rhume la veille, je ne sais pas si cela a eu un effet sur la performance. Mais j'ai mis un mois à récupérer de l'association marathon+rhume.

Après cela, avec l'annulation de l'Izu trail, j'ai pu me consacrer pleinement à l'entraînement pour l'UTMF. Pendant deux mois, je faisais au moins une sortie à la montagne le weekend, parfois deux. Beaucoup de spécifique, long, lent, beaucoup de dénivelé, parfois dans la neige, souvent tout seul. C'était parfois un peu dur, obligé de se lever très tôt pour prendre le train et rentrer avant la nuit qui tombe si tôt au Japon, mais ça a payé, avec un UTMF réussi, qui m'a comblé. Je n'ai pas fait de rapport sur l'UTMF, c'est dommage. C'est pourtant la plus belle satisfaction de ma "carrière" jusqu'à présent. C'est qu'il y a tant à raconter. Je ne vais pas le faire dans cet article, ça serait une trop longue digression, mais je ne m'interdis pas d'y revenir plus tard, même si ça date de presque un an maintenant. Une ou deux photos tout de même pour illustrer un peu cet article austère.

Tout d'abord la veille de la course, à la conférence de presse, avec du beau monde. De gauche à droite, Emmanuel, un français résidant en Thailande, finisher en 40h54min, que j'ai croisé aussi sur le parcours, Yuki et moi, Patrice, venu de France, grâce à qui nous avons pu prendre cette photo, lui aussi finisher en 44h33min, Nathalie Mauclair, championne du monde de trail 2013 et vainqueur entre autre de la diagonale des fous en 2013 et 2014, Sebastien Chaigneau, figure emblématique de l'ultra trail, au moins en France, notamment vainqueur et recordman de la Hardrock 100 en 2013, François d'Haene, le vigneron coureur, la star de ces dernières années, quasiment imbattable en 2014 avec des victoires dans les trois 100 miles auxquels il a participé, l'UTMF, l'UTMB et la diagonale des fous, et enfin Tsuyoshi Kaburaki, le trailer japonais de renommée internationale, organisateur de l'UTMF. Beau tir groupé ! Le weekend commençait bien :)


Puis tout de même, pour l'ultra trail du mont Fuji, on ne peut pas passer outre le point culminant du Japon. Le voilà, enneigé, accompagné d'un cerisier en fleur dans cette jolie photo prise par Yuki, peu de temps après le départ de la course.


Et enfin, le passage sous l'arche d'arrivée en compagnie de Christophe, avec qui j'ai eu le plaisir de parcourir les trente derniers kilomètres.


Toutes les photos sont là.

Une semaine avant l'UTMF, j'ai participé à une course à laquelle je m'étais inscrit pour accompagner Yuki: le Higashi Tanzawa Miyagase trail race. C'était beaucoup trop proche de l'UTMF mais je pensais qu'en allant tranquillement, ça ne porterait pas trop préjudice pour la course à venir. Je suis parti lentement, j'ai pris le temps de prendre des photos, mais je me suis laissé un peu porté par mon élan dans la longue descente finale. Résultat, j'ai eu mal aux jambes les jours suivants, ce qui m'a fait un peu soucis. Heureusement, cela n'a pas eu de conséquence. Qui sait, si je ne l'avais pas fait, c'est peut être pendant l'UTMF que j'aurais eu mal, alors que là, ça s'est très bien passé, les jambes n'ont pas bronché.

Suite à l'UTMF, une semaine de repos complet, puis reprise avec des entraînements à allure lente. 3 semaines plus tard, Yuki et moi participions au Soto chichibu trail running, une course de 43km. Je me sentais bien, mais j'ai eu très mal aux jambes, dés très tôt dans la course. Mis à part les jambes, comme les sensations étaient bonne, j'ai plutôt apprécié la course même si je n'ai pas pu donner mon maximum. J'ai aussi beaucoup apprécié le onsen dont nous avons profité la veille de la course, puis après la course. Nous avons passé la nuit précédent le départ dans la pièce de repos du onsen, sur des matelas posés à même le sol pour certains (mon cas), ou dans des sièges de relaxation pour d'autres. Très sommaire, mais amplement suffisant.

Une vue depuis la fenêtre au premier étage du onsen. Saurez vous reconnaître l'oeuvre de Yuki? Un indice, le titre de l'oeuvre: "Sur les épaules de géants, Mickey voit que dalle".
L'arrivée de la course se trouvait juste après le virage que l'on aperçoit au fond.


En face de la gare la plus proche du onsen, il y avait un petit temple que nous avons visité rapidement. Deux photos de statues pour concurrencer l'oeuvre de Yuki. Sur la deuxième, le cousin de Mickey a un peu plus de chance, il voit un bout de ciel en plus des trous de nez de Bouddha.



Et enfin Yuki et moi, à l'arrivée pour l'une, quelque part pendant la course pour l'autre.



Ensuite, après un podium en course d'orientation (3ème sur 55 à la 36th Todai OLK race, et une bouteille de sake en prime, yeah :) ), puis pas mal de sortie en montagne, venait 7 semaines plus tard la revanche sur le trail de kitatanzawa. En effet, l'année précédente, nous étions parti dans la seconde vague et avions rencontré beaucoup de bouchons. Cette année, avec un départ dans la première vague, on a pu s'en donner à cœur joie. Enfin en ce qui me concerne. Parce que Yuki s'est fait mal aux chevilles et a du terminer tant bien que mal dans la douleur, en partie pour pouvoir repartir dans la première vague l'année suivante. Je n'en dirais pas plus sur cette course étant donné que j'en ai déjà fait le compte rendu ici, si ce n'est que j'étais en forme et que j'ai pu me faire plaisir.

Le pic de forme s'est prolongé jusqu'à la course de montagne du mont Fuji, 3 semaines plus tard, dont j'ai parlé ici.

A suivi un passage plus compliqué. J'étais inscrit à deux grosses courses, l'ultra trail du Vercors (UTV, 91km, +5000m) et le 100km sur route de Echigo Kubiniko. J'avais déjà pas mal couru en montagne, et j'espérais faire une bonne performance sur le 100 km, pourquoi pas sous les 10 h, alors j'ai commencé peu de temps après la course du Mont Fuji à m'entraîner sur route à l'allure du 100 km, en négligeant l'entraînement spécifique pour un ultra trail en montagne, qui était pourtant ma course suivante. J'ai fait très peu de longues sorties, supérieures à 6 h, dans les semaines précédent l'UTV. J'ai fait des entraînement plus courts, jusqu'à 5 h, à allure plus rapide et sur plat. La première partie de l'UTV était justement assez roulante, et comme j'étais bien entraîné pour ça, je suis probablement parti un peu vite. C'était un rythme facile, mais j'aurais dû adopter le rythme "très facile, ballade", comme à l'UTMF. Vers la sixième heure, j'ai eu un gros coup de barre. En général, si je me repose et mange, au bout d'un moment, ça va mieux. Cette fois, ce ne fut pas le cas. J'ai bien essayé de dormir un petit moment dans une petite prairie ensoleillée à l'écart du chemin, mais l’embellie qui a suivit n'a été qu'un feu de paille des quelques dizaines de minutes. Je n'ai fait quasiment que marcher pendant les 40 derniers kilomètres. Même sur le plat et en descente. C'était long ! Heureusement que les paysages magnifiques étaient là pour nous tenir compagnie.





Bref, j'ai encore sous estimé la difficulté d'un ultra trail. Je crains d'ailleurs d'être en train de le faire à nouveau en ce moment, en me concentrant uniquement sur le marathon de Tokyo, sachant que l'Izu trail journey (72km) m'attend 3 semaines plus tard. Je vais manquer d'entraînement longs en montagne, donc il faudra que j'aille doucement et que je ne me laisse pas emporter par ma vitesse acquise lors de l'entraînement pour le marathon.

J'étais malgré tout content d'avoir pu finir. Après tout, plus c'est difficile, plus on a de mérite à terminer la course. Mais j'avais tout même un goût amer, parce que je pensais être plus en forme que ça et j'espérais faire mieux pour mon unique course en France.

Le problème avec un calendrier chargé, c'est que quand un grain de sable commence à enrayer la machine, on n'a pas le temps de stopper la production et de faire la maintenance avant la course suivante. Alors on fait ce qu'on peut. Après ces heures à marcher dans le massif du Vercors, dans les semaines suivantes j'ai eu beaucoup mal en haut de la jambe gauche, au niveau des adducteurs et derrière la fesse, mais heureusement, essentiellement pendant la marche à pied. En course, ça passait bien. J'ai eu aussi des douleurs au dos. Mais je n'avais que 5 semaines jusqu'au 100 km, donc après une semaine de repos, j'ai repris l'entraînement avec notamment 135 km la troisième semaine suivant l'UTV. C'était un peu tant bien que mal en cette période, pas réellement satisfaisant. Je pense que je suis arrivé un peu fatigué sur le 100 km. Et en plus, je m'étais entraîné sur le plat, car il n'y avait "qu'un peu" plus de 1000 m de dénivelé positif, ce qui n'étais pas grand chose pensais-je pour une course de 100 km. Mais je pensais en traileur. Je me suis aperçu que 1000 m de descente sur route, et bien ce n'est pas pas grand chose! Les jambes et les genoux n'ont pas aimé. Au bout de 78 km et 8h20 de course, j'étais cuis, l'objectif des 10 h s'était envolé, et je me suis dis "bon, j'en ai marre de finir juste pour dire de finir, je l'ai déjà fait plusieurs fois, c'est bon je sais que je peux le faire, c'est bien mais maintenant faut arrêter ces conneries et penser à se faire plaisir, alors pour cette fois on va en rester là". Ah, ça fait du bien quand ça s'arrête :) Pas de regret sur ce coup là. J'en avait juste marre.

On aura quand même passé un weekend sympa, en découvrant la préfecture de Niigata que nous ne connaissions pas. C'était au bord de la mer. Il y avait des petites montagnes comme partout au Japon (sauf à Tokyo...), des micro-tortues et des méga-paquebots, un mini-marché où la moyenne d'âge des commerçants devait avoisiner les 80 ans et où l'on vendait de l'alcool de serpent.







Yuki ne pouvant pas participer alors qu'elle était inscrite, à cause de ses douleurs aux chevilles, s'est défoulée en fabricant du mochi pour tout la salle (gâteau à base de riz gluant).


Tout ça, c'était la veille de la course. Le jour de la course Yuki a fait une grande ballade où elle à fait chauffer l'appareil photo. Entre temples, forêt et ville, avec des lanternes qui sourient, des boutiques au nom étrange et des pandas que ne veulent pas voir ça.






Et le lendemain, comme il pleuvait légèrement, nous sommes allé voir l'aquarium avant de rentrer sur Tokyo.


Toutes les photos là, là et là.

Au fait, c'était pas censé être un bilan de course à pied cet article ? Allez, revenons au sujet.
Alors, j'en étais où après cet échec ? Et bien, pas grand chose de neuf, comme d'hab, on tourne la page et on pense au prochain objectif. Et comme la saison fraîche arrivait, c'était le bon moment pour passer en mode courses sur route et entraînement de vitesse. Et qui dit course sur route, dit marathon bien sur. Je me suis inscrit à Tokyo et aussi à Kyoto au cas où je ratais le tirage au sort de Tokyo. J'ai été pris aux deux. Yuki seulement à Kyoto, mais comme elle ne voulait pas y aller, et que c'était seulement une semaine avant Tokyo, nous n'avons pas poursuivit l'inscription. L'objectif était donc Tokyo pour moi. Avec au passage un semi-marathon et un 10 km, pour m'entraîner et pour essayer de battre mes records. Et aussi le trail de Nokogiriyama, parce que c'est une course sympa et que ça devient notre rendez-vous annuel de Décembre.

J'avais juste assez de temps jusqu'au marathon pour suivre un plan d'entraînement de 18 semaines que j'ai trouvé dans le livre "Advanced Marathoning" de Pete Pfitzinger. Et effet, pour la première fois, je voulais vraiment m'entraîner spécifiquement pour le marathon. J'ai choisi le plan avec le moins de kilométrage hebdomadaire, parce que je n'étais pas encore remis de mes précédentes courses, et parce que 50 à 90 km par semaine me semblaient bien suffisant. Je pense que c'était le bon choix par rapport à mon niveau et ma forme. Suffisamment progressif pour me laisser le temps de récupérer, mais avec des grosses semaines par la suite. On verra demain si ça va payer. En effet, j'écris ces lignes la veille du marathon de Tokyo.

On va finir l'année rapidement, avec tout d'abord le semi-marathon de Toda en Novembre. Record personnel, mais c'était pas très dur parce que mon précédent record datait d'il y a longtemps, sur un parcours très vallonné. 1:25:42 contre 1:29:43 quatre ans plus tôt au semi marathon de la vente des vins à Beaune. Sachant que je me suis peu reposé du fait de mon entraînement pour le marathon, c'était de bonne augure pour la suite. Voilà une photo de quelques nambanners. Dommage, Yuki était là, mais elle a raté la photo.


Ensuite le trail de Nokogiriyama. Un trail de 30.4 km pour 1200m de dénivelé cumulé dans la préfecture de Chiba, à l'Est de Tokyo. C'était la troisième année de suite que Yuki et moi participions. La seconde année pour Chih, de Singapour, et une première pour Yuri et Sebastien, deux français et Mutsumi, une japonaise, tous de Namban Rengo.

J'étais en bonne forme du fait de l'entraînement pour le marathon, mais je n'avais pas couru dans la montagne depuis 3 mois, alors je n'étais pas certain que mes petites gambettes pourraient supporter les nombreuses montées et descentes. Heureusement, ça s'est bien passé. Je dirais même plus, ça s'est très bien passé. Aucune douleur, quasiment aucun mauvais passage, j'ai pu garder le même rythme du début à la fin, et même accélérer un peu les derniers kilomètres. Très agréable.

Les jambes, bonnes princesses (ça doit pouvoir se dire ça, non?), ont attendu le lendemain pour signaler très clairement qu'elles auraient souhaité être un peu mieux préparer à ce genre d'épreuve. Et je jour d'après. Et celui d'après.

Je suis chaque année un peu plus rapide, mais je perd des places au classement. Il semble que le niveau progresse un peu au fil du temps.

Année      Temps      Clt. Gén.      Clt. Cat.
2012      3:26:00      23/732      4/190
2013      3:10:23      26/804      2/241
2014      3:05:59      28/834      5/261

Très bonne organisation, les enfants sont au taquet:


Les photos sont ici.

Et pour finir l'année, 10 jours plus tard, le 10 km d'Adachi. Ça se passe tout près de chez nous, le long de la rivière Arakawa, parcours souvent très venteux. Ce jour là, c'était plus que ça. Un vent à décasquetter les coureurs. J'espérais battre mon record, mais dans ces conditions, c'était compliqué. 39:15, à 24 s de mon record, c'est pas mal quand même, surtout que la préparation n'était pas du tout tournée vers cette course. Yuki a bien couru aussi, en 47:33.

Et voilà, c'est tout pour l'année 2014, qui restera dans les annales comme l'année ou j'ai réussi à terminer mon premier 100 miles. Maintenant, en route vers de nouvelles aventures, pas plus tard que demain, comme signalé précédemment, accompagné de 36000 camarades, sur le marathon de Tokyo.